îles Maurice: Il pleut des milliards
Posté par Admin le Lundi, mars 3, 2008
C’est une manne de Rs 15 milliards que le pays s’apprête à accueillir cette année, et ce, grâce à l’apport de capitaux étrangers. Pour continuer sur cette lancée, Maurice poursuit sa chasse aux investisseurs et veut se positionner sur la carte.
Au Board of Investment (BOI), on est persuadé que le volume d’investissement direct étranger (IDE) entre dans une phase de boom continu. Pour preuve, Raju Jaddoo, le directeur de l’agence, affiche clairement la prévision pour l’année en cours : Rs 15 milliards. « Je n’inclus pas dans cette somme les investissements liés à la zone économique de Tianli à Riche-Terre », précise-t-il. Plus de 70 % de cette manne ira dans les projets de développement foncier.
Raju Jaddoo s’empresse toutefois de devancer toute critique sur la trop grande part du foncier dans l’IDE du pays.
« Lorsqu’on parle de développement foncier, il ne faut surtout pas croire qu’on se focalise sur les Integrated Resorts Schemes (IRS). »
En effet, même si un projet IRS nécessitent en moyenne Rs 10 milliards d’investissements, ce n’est pas forcément ce secteur qui est le seul gros pourvoyeur du pays en capitaux étrangers. Ainsi, pour l’année en cours, plus de Rs 3,3 milliards d’investissements ont déjà été approuvés pour la construction d’immeubles de bureaux et de centres commerciaux.
Qui n’avance pas recule
« Il faut maintenant parler du développement foncier comme d’un créneau à part entière dans lequel il faut se positionner », soutient Raju Jaddoo. Maurice y arrive déjà, dans une certaine mesure, selon lui. C’est d’ailleurs ce qui lui fait dire que Rs 20 milliards d’investissements en 2009 et un peu plus en 2010, constituent des prévisions tout à fait réalisables. Au regard des projets qui s’affichent sur le « radar » du BOI.
« Et je n’inclus pas dans ces prévisions la ville nouvelle de Highlands, ou encore les développements liés à la Land Based Oceanic Industry », jubile Raju Jaddoo.
Mais il ne sert à rien de se réjouir des records d’investissements des années 2008 ou 2009 sans préparer ceux des années à venir. Dans ce domaine, tout pays qui n’avance pas recule. Surtout dans une conjoncture où les États émergents rivalisent d’inventivité et d’environnements fiscaux ou des affaires attractifs pour faire venir les investisseurs. Pour Maurice, la bataille immédiate qui demande à être gagnée sur le plan international est celle de la visibilité.
C’est pourquoi les participations aux roadshows et autres Salons internationaux de professionnels se multiplient. Le prochain, qui accueillera une forte participation locale, est celui du Marché international des professionnels de l’immobilier (MIPIM), qui se tiendra du 11 au 14 mars à Cannes, en France.
Et c’est un contingent mauricien d’environ 50 personnes qui occupera le pavillon du BOI en plein milieu du Salon cette année. Le stand mauricien illustre la nécessaire collaboration entre le gouvernement et le secteur privé dans la chasse aux investisseurs. En effet, le pavillon Maurice est en fait payé par des sponsors privés qui font partie de la délégation mauricienne. Ainsi, Gamma, Tatorio Holdings, Rogers, Ciel Properties, Médine Sugar Estates et Currimjee Property Management and Development Limited seront toutes de la partie. Elles ont également mis la main au porte-monnaie pour financer la location du stand.
Mais il n’y a pas que ces entreprises privées, presque toutes déjà engagées dans des projets immobiliers et IRS importants, qui veulent se faire connaître des visiteurs et exposants du MIPIM. Les compagnies dont l’État est l’actionnaire majoritaire s’y rendent également. Comme dans le cas du Sugar Investment Trust (SIT), de la State Property Development Company, ou encore de la State Land Develop-ment Company.
« Nous commencerons le marketing autour du projet IRS que nous avons avec notre par-tenaire anglais. C’est un bon endroit pour faire connaître ce projet, et surtout pour bâtir un réseau de contacts qui pourra nous être utile pour nos futurs projets fonciers », explique Ravin Bholah, le Chief Executive Officer du SIT. Ce dernier pense également pouvoir y découvrir les grandes tendances internationales dans l’immobilier, et surtout mieux cerner ce que les concurrents de Maurice dans le domaine proposent aux investisseurs.
Trouver un partenaire d’envergure
À l’instar du SIT, les entreprises dont l’État est l’actionnaire principal ont des terres et des sites qui se prêtent à des développements fonciers d’envergure. La SPDC, par exemple, attend toujours de trouver un partenaire international d’envergure pour développer toute la zone du Grenier située dans le Port-Louis Waterfront. « C’est le moment d’aller chercher des partenaires pour développer des projets immobiliers d’envergure avec leur financement et nos apports en terres », confirme Ravin Bholah.
Pour les groupes privés, le MIPIM est également un lieu de rencontre et de démarchage. Ainsi, pour sa deuxième participation au salon, Ciel Properties, qui développe l’IRS Anahita, s’intéresse surtout aux financiers qui pourraient participer à ses nouveaux projets immobiliers.
Tandis que les autres participants mauriciens seront à la recherche de partenaires, le BOI procédera, lui, à une chasse systématique d’investisseurs d’un nouveau type. « Il ne faut pas oublier que le MIPIM est également fréquenté par de grands cabinets d’avocats d’affaires, ainsi que par des banques de financement internationales. Nous voulons attirer ceux-là à Maurice. En leur montrant à quel point le développement foncier prend de l’essor ici », avance Raju Jaddoo.
De nouveaux métiers
Avec de nouveaux résidents qui achètent des villas IRS à 2 millions de dollars à tour de bras, et de riches professionnels séjournant à Maurice pendant de longues périodes, de nouveaux métiers sont appelés à se développer dans l’île. Par exemple, des banquiers wealth managers, des avocats d’affaires spécialisés dans la gestion du patrimoine et des acquisitions de leurs riches clients fraîchement installés dans l’île.
Pour accentuer la présence et le rayonnement de Maurice, des coups marketing sont même prévus. Ainsi, le 12 mars, jour de l’Indépendance, la copie du Financial Times habituellement distribuée aux visiteurs du salon sera un peu différente.
Et pour cause, un cahier spécial de huit pages, en couleur, y vantera les mérites de Maurice comme une Investment Destination.




